[115] Comment voir la ménopause?
J’ai 50 ans et je suis en ménopause. Il y a des changements physiques qui se passent, surtout dans ma chimie cérébrale. Mes émotions sont plus intenses que jamais. J’étudie Un cours en miracles depuis plusieurs années et il me semblait avoir atteint un certain niveau de paix et de compréhension. Mais maintenant j’ai l’impression d’être victime de mon corps et plus insane que jamais. Est-ce qu’il s’agit simplement d’un autre niveau du “développement de la confiance”, et est-ce que même la ménopause est une question de culpabilité?
La réponse à votre question réside dans la compréhension du corps et du rôle qu’il joue dans le système de pensée de l’ego. Bien qu’il nous soit dit à plusieurs reprises dans le livre d’exercices:
“Je ne suis pas un corps”p.ex. L-I.199
c’est un fait que nous croyons être des corps, et nous avons des états comme la ménopause pour le prouver. Évidemment l’ego est l’auteur de cette croyance. Il nous dit que d’une certaine manière nous nous sommes retrouvés dans des corps sans que ce soit notre faute, et que maintenant c’est notre sort de devenir victimes de tous ses maux jusqu’à ce qu’à la fin nous dépérissions, mourions et nous décomposions. Ce message de l’ego a un but. Son plan est de nous convaincre que le corps est réel et que l’esprit est l’illusion:
“L’ego utilise le corps pour conspirer contre ton esprit […] L’ego, qui n’est pas réel, tente de persuader l’esprit, qui est réel, que l’esprit est le mécanisme d’apprentissage de l’ego; en outre, que le corps est plus réel que l’esprit”T-6.IV.5:1,3
L’ego a d’abord utilisé le corps pour y loger la culpabilité de s'être séparés de Dieu. La culpabilité est donc intégrée dans tous les aspects du fonctionnement du corps, y compris la ménopause. Le corps est ensuite programmé pour procurer d’interminables besoins et des états aussi bien physiques qu’émotionnels et psychologiques pour servir efficacement de distractions et de preuves convaincantes de sa réalité. Le résultat inévitable est que nous croyons être victimes du corps et même être attaqués par lui.
Cette insanité caractérise notre relation avec le corps, mais seulement si nous avons choisi de nous identifier à lui et cherchons à rester séparés, croyant tous les mensonges de l’ego à propos de qui nous sommes. Après avoir fait quelques progrès dans l’expérience de la paix, il est tout à fait compréhensible que l’ego trouve que la ménopause est une bonne occasion de nous tomber dessus à nouveau. Il n’y a pas lieu de vous faire des soucis et pas non plus de vous en sentir coupable. Toutefois, il est important de se rappeler que cela ne nous aide pas de nier les symptômes bouleversants de la ménopause, et il est certainement adéquat de chercher l’aide d’un médecin et du soutien de toutes les manières possibles. Dans le processus d’apprentissage pour chercher la guérison dans notre esprit, il y a la pensée réconfortante que la ménopause a une fin, et il y a un beau passage dans Le chant de la prière qui s’applique particulièrement aux femmes en ménopause:
“L’univers attend ta délivrance parce que c’est la sienne. Sois bon envers lui et envers toi-même, puis sois bon envers Moi. Je ne demande que ceci: que tu sois consolé et ne vives plus dans la terreur et la douleur. N’abandonne pas l’Amour. Souviens-toi de ceci: quoi que tu puisses penser de toi-même, quoi que tu puisses penser du monde, ton Père a besoin de toi et Il t’appellera jusqu’à ce que tu viennes à Lui enfin en paix”Ch-3.IV.10:3-7
Le Cours offre une alternative à l’utilisation du corps par l’ego ainsi qu’une alternative à notre définition de nous-mêmes. C’est ici qu’entre en jeu le “développement de la confiance” (M-4.I.A). Vous pouvez voir clairement les astuces que l’ego mijote et prendre la décision de voir la ménopause différemment: en croyant que ce que le Cours enseigne est en fait vrai et digne de confiance. Tous les symptômes liés à la ménopause peuvent être utilisés comme des occasions pour remettre en question l’interprétation qu'en fait l’ego ou tout état corporel. Nous nous tournons vers l’esprit pour la vraie guérison dans le processus de nous occuper de la ménopause en examinant toutes les pensées que vous mentionnez et d’autres qui surgissent, afin qu’elles puissent être remises au Saint-Esprit pour être réinterprétées:
“Le Saint-Esprit, comme toujours, prend ce que tu as fait et le traduit en mécanisme d’apprentissage. Et comme toujours, Il réinterprète ce que l’ego utilise comme un argument à l’appui de la séparation pour faire la démonstration du contraire. Si l’esprit peut guérir le corps, mais que le corps ne peut guérir l’esprit, alors l’esprit doit être plus fort que le corps. Chaque miracle démontre cela”T-6.V-A.2:4-7
[116] Dieu intervient-il dans le monde?
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’idée de l’intervention de Dieu dans le monde de formes. Je sais que le point de vue de la Fondation est qu'il est inconcevable qu’Il puisse participer à des changements et modifications dans un monde de formes, puisque le monde est une illusion. Je sais aussi qu’il s’agit toujours de changer nos pensées au sujet du monde afin de nous rapprocher de notre éveil. Mais dans la leçon 71 “Seul le plan de Dieu pour le salut marchera”, l’esprit séparé demande en fait à Dieu:
“Que voudrais-Tu que je fasse? Où voudrais-Tu que j’aille? Que voudrais-Tu que je dise, et à qui?”L-I.71.9:3-5
N’est-ce pas demander à Dieu quelle direction nous devrions prendre dans le monde de formes? Je sais aussi que lorsque je renonce à ma pensée égoïques et demande à Dieu de diriger mes pensées, le monde de formes change effectivement. Et puis, comment Un cours en miracles s'accorde-t-il avec la conception immaculée de Jésus? Ne serait-elle pas considérée comme une intervention dans l’illusion?
Comme il est mentionné ailleurs dans ces Questions, il est important de reconnaître qu’une grande partie du Cours est écrite dans un langage métaphorique qui nous atteint là où nous croyons être (cf. la question 72). Dieu est donc décrit dans le Cours de maintes façons qui suggèrent qu’Il Se soucie de nous ici dans le monde, simplement pour corriger notre croyance égoïque que Dieu est un Père en colère Qui ne pense qu’à nous détruire. Le Cours cherche donc à nous aider à voir Dieu comme notre Ami Qui nous aide à faire ce que nous avons à faire, au lieu d’être notre ennemi. En outre, dans les leçons du livre d’exercices le terme Dieu est couramment utilisé, alors que le vrai sens en est la Voix de Dieu ou le Saint-Esprit.
Comme toujours, le contexte plus large du Cours et, dans ce cas-ci, de la leçon elle-même éclaircit mieux l’objectif plus profond des passages comme ceux que vous citez. Cette leçon décrit d’abord le plan de l’ego pour le salut – avoir des rancœurs contre autrui, afin que la culpabilité dans notre esprit semble reposer sur eux plutôt que sur nous, ce qui est le “jeu du blâme” (L-I.71.2). De toute évidence, cette “solution” est le problème, car en fait elle préserve la culpabilité dans nos esprits au lieu de la défaire. Et donc le plan de Dieu (c’est à dire du Saint-Esprit), bien qu’il ne soit pas décrit concrètement dans cette leçon, comporte nécessairement le désir de lâcher prise de ces rancœurs. Étant donné que notre colère et nos jugements sont déclenchés par nos interactions avec autrui, la directive de demander une aide concrète à Dieu à laquelle vous faites référence veut en fait dire de ne pas continuer à agir – faire, aller, parler, etc. – seuls, c’est-à-dire sous la direction de l’ego. Si nous pouvons emporter la mémoire de l’Amour de Dieu avec nous tout au long de la journée, nous pouvons être sûrs que nous serons exactement là où nous devons être pour apprendre les leçons de pardon qui nous apporteront la paix que nous cherchons.
Maintenant, lorsque nous nous délivrons des dictats de l’ego et nous ouvrons à la direction de la Voix de Dieu, il se peut que nous constations des changements dans notre monde extérieur comme vous le mentionnez, bien que ce ne soit peut-être pas toujours le cas. Ces changements se produisent non pas parce que Dieu ou le Saint-Esprit sont littéralement intervenu, mais parce que nous étions désireux de faire des choix intérieurs (souvent inconscients) qui étaient alignés sur l’amour plutôt que sur la haine. Les projections extérieures de notre culpabilité peuvent alors bien sûr changer, quoique, selon la perspective du Cours, ce ne soit jamais le but pour changer d’enseignant. Fixer de nouveau notre attention dans le monde, alors que nous cherchons des changements extérieurs pour valider notre changement intérieur, devient un piège.
Des naissances de vierges et des conceptions immaculées suggèrent en effet une intervention divine dans le monde de formes, mais le Jésus du Cours ne revendique jamais ce genre de choses. La bible et le christianisme traditionnel représentent un chemin spirituel bien différent de celui du Cours, et il est préférable de ne pas confondre les deux ou de chercher à les amalgamer d’une façon ou d’une autre.
[117] Pourquoi un bébé ou un animal tomberaient-ils malades?
Selon Un cours en miracles, la maladie est une colère qui s’en prend au corps. D’où proviendrait la maladie d’un bébé? Dans le même ordre d’idée, les animaux ont-ils un ego, puisqu’ils tombent malades eux aussi? Ou est-ce que tout cela fait partie du rêve et l’ego cherche à nous faire perdre du temps à essayer de le comprendre?
Un bébé ou un animal peuvent tomber malade pour la même raison qu’un adulte devient malade. Nous croyons qu’il devrait y avoir une différence parce que nous confondons cerveau et esprit. Évidemment, il y a des différences entre le cerveau d’un bébé et le cerveau d’un adulte, ou le cerveau d’un animal et celui d’un humain. Or malgré nos croyances au sujet de la nature du cerveau et son pouvoir de contrôler le corps et le comportement, Jésus nous dit que nous faisons erreur:
“Tu crois aussi que le cerveau du corps peut penser. Si tu comprenais seulement la nature de la pensée, tu ne pourrais que rire de cette idée insane. C’est comme si tu pensais tenir l’allumette qui allume le soleil et lui donne toute sa chaleur; ou que tu tenais le monde dans ta main, solidement attaché jusqu’à ce que tu en lâches prise. Or cela n’est pas plus sot que de croire que les yeux du corps peuvent voir, que le cerveau peut penser”L-I.92.2
Ce n’est pas le cerveau, mais l’esprit en dehors du temps et de l’espace qui prend toutes les décisions qui semblent avoir un effet sur le corps. Et vu que les esprits apparemment séparés qui rêvent toutes les figures dans le rêve ne sont en fait rien de plus que des fragments du seul esprit séparé qui est la source de toute pensée erronée (T-18.I.3-5), leur structure et leur contenu (péché, culpabilité et peur) sont les mêmes. C’est donc l’esprit, et non le cerveau qui ressent de la culpabilité, colère et peur et qui cherche des défenses contre ces pensées et ces sentiments. Et la maladie de l’esprit – la pensée de séparation – est projetée à l’extérieur sur le corps, que ce soit sur le corps d’un enfant, d’un adulte ou d’un animal, de sorte qu’il semble arriver quelque chose au corps dont cet individu n’est pas responsable.
Or tout comme la décision d’être malade est prise dans l’esprit, il en va de même pour la décision de guérir qui peut ensuite se refléter dans la disparition des symptômes et le rétablissement de la santé dans le corps de l’enfant, de l’adulte ou de l’animal. Car chaque fragment de l’esprit divisé contient non seulement l’ego, mais aussi la correction de l’ego que le Cours appelle le Saint-Esprit.
- Question 118 — L’ego, la riposte, l’attaque de soi et la peur
- Question 119 — Douceur, paix, confiance et distractions de ce monde
- Question 12 — Comment former et animer un groupe
- Question 120 — Devrions-nous ne plus manger de la viande?
- Question 121 — Dieu a-t-il créé la terre ou est-ce que c’est nous qui l’avons créée?
- Question 122 — Que signifiait l’étoile à cinq branches?
- Question 123 — La maladie dans des parties distinctes du corps est-elle un indice utile?
- Question 124 — Que signifie magie?
- Question 125 — Se préoccuper des progrès faits avec le Cours, et “attendre” quelque chose
- Question 126 — Jésus a-t-il guéri en voyant le Christ en autrui?
- Question 127 — S’il n’y a qu’un Esprit, pourquoi est-ce que je me perçois comme conscience unique?
- Question 128 — Comment guérir une dépression de façon spirituelle plutôt qu’avec des médicaments?
- Question 129 — Que me conseilleriez-vous lorsque je “m'éloigne” du Cours?
- Question 13 – La signification de “purification”
- Question 130 — Qu’est-ce que la “véritable empathie” versus la “fausse empathie”?
- Question 131 — Dieu nous a-t-Il abandonnés?