Kenneth WAPNICK
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Q

[1] Le langage chrétien du Cours

Il semble qu’à un moment donné, toutes les théologies convergent, et ce faisant, elles dépassent leur forme individuelle pour devenir la pure Vérité. Cela me rend perplexe parce que cela implique que la forme chrétienne que le Cours utilise, est (excusez-moi), sans importance et temporaire. Sachant cela, je constate que l’anthropomorphisme continuellement utilisé dans le texte me rend impatient et je souhaiterais qu’il soit plus direct. Inutile de dire que cela empêche ma progression personnelle, quoique cela ne change rien à ma révérence. Selon votre expérience, est-ce un phénomène courant? Est-ce que cela disparaîtra avec le temps? Est-ce simplement une stratégie de l’ego? Comment gérer cela?

R

Le contexte chrétien du Cours a été un problème pour les élèves dès le tout début, et ils ont soulevé la même question importante que vous. Afin de résumer et pour développer légèrement votre question, pourquoi un message universel devrait-il avoir été transmis dans un cadre religieux si concret? Et est-ce que cela ne va pas engendrer inévitablement encore plus de séparation, tout en niant l’universalité d'une religion précise?

En effet, le langage chrétien d’Un cours en miracles, sans mentionner la présence de Jésus tout au long du livre, peut poser un énorme problème pour bon nombre d’étudiants. Si leur ego cherche un moyen pour invalider le matériel, ou pour ériger des obstacles à l’apprentissage, Jésus et le christianisme peuvent devenir des alliés très utiles dans cette bataille contre la vérité. D’autre part, avoir recours à l’aide du Saint-Esprit peut présenter une leçon de plus pour apprendre joyeusement à pardonner notre particularité.

Tandis qu’on ne voudrait nullement restreindre Un cours en miracles à un groupe culturel particulier, on peut néanmoins dire que dans l’ensemble, il s’adresse à un public occidental. Sa langue (anglaise dans l’original), ses tournures liées à cette culture et les éléments freudiens, platoniciens et shakespeariens s’adressent tous à des lecteurs qui sont à l’aise dans la tradition occidentale. Et on peut certainement dire que l’influence prédominante dans le monde occidental des 2000 dernières années a été le christianisme, Jésus en étant clairement la figure dominante, comme symbole de l’amour du Ciel, soit comme symbole de l’amour particulier (ou de la haine particulière) de l’ego. Il n’y a donc pas un seul étudiant occidental, qu’il soit chrétien, juif, agnostique ou athée, qui, d’une manière ou d’une autre, n’ait pas été influencé par Jésus ou par les religions qui se sont développées en son nom. Ainsi le cadre chrétien d’Un cours en miracles offre une occasion toute naturelle pour que les étudiants puissent pratiquer le pardon concernant leurs expériences passées.

En fin de compte, bien entendu, tous les symboles distincts disparaîtront dans l’Unité de Dieu. Mais jusqu’à ce jour, nous avons besoin que le concret forme les petits pas de pardon que nous faisons pour atteindre la réalité non duelle se situant au-delà de tous les concepts dualistes, et au-delà de tous les symboles. Comme on peut lire dans le livre d’exercices:

“Dieu fera ce dernier pas Lui-même. Ne Lui refuse pas les petits pas qu’Il te demande de faire vers Lui”L-I.193.13:6-7

Ainsi, les anthropomorphismes chrétiens reflètent notre propre point de vue anthropomorphique de nous-mêmes, car en vérité nous ne sommes ni des corps ni des personnes particulières, mais des pensées non humaines dans l’esprit. Toutefois, tant que nous nous identifions avec la personne concrète dont nous voyons l’image tous les matins dans le miroir de notre salle de bains, nous aurons besoin d’un programme d’apprentissage qui se sert de symboles concrets pour nous rejoindre dans l’état dans lequel nous pensons exister, et donc,

“[...] utiliser le langage que cet esprit peut comprendre, dans la condition où il pense être“T-25.I.7:4

Le christianisme nous offre l’un de ces ensembles de symboles. Et pour cette possibilité qu’il nous offre, nous devrions tous être reconnaissants.

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Q

[10] Quelques questions sur l’apparition de l’ego

Nous avons reçu un certain nombre de questions, dont voici quelques exemples, sur le thème de l’origine de l’ego:

1. Si le Ciel et l’Amour de Dieu étaient entièrement satisfaisants, pourquoi le Fils aurait-il choisi de rêver d’être parti?

2. Si Dieu est parfait et unifié et qu’il a un Fils parfait et unifié, comment était-il possible qu’une pensée imparfaite de séparation et de division surgisse dans un tel esprit?

3. Une fois l’Expiation acceptée, comment savoir si l’ego ne sera pas choisi à nouveau?

4. Comment peut-on parvenir à “une expérience” dont il est dit dans le Cours qu’elle résoudra le paradoxe de l’ego?

R

Les points 1. à 3. ci-dessus, présentés sous forme de questions, sont en fait des énoncés prononcés par un esprit ego qui déclare ce qui suit: Je sais que l’ego est réel, et maintenant je voudrais que vous m’expliquiez comment il s’est produit et pourquoi vous savez que cela ne se reproduira plus.

La question “Comment l’ego s’est-il produit?” dans toutes ses variations est sans aucun doute la question la plus fréquemment posée par les étudiants d’Un cours en miracles. Cela est tout à fait naturel pour un ego qui veut savoir d’où il vient, tout comme un enfant poserait des questions à ses parents à propos de son origine. Le problème est que l’ego lui-même n’est pas naturel. Le Cours nous enseigne qu’en réalité l’ego ne s’est jamais produit. Par conséquent, comment pourrait-on jamais trouver une réponse intellectuellement satisfaisante quant à l’origine de l’ego dans les pages du Cours? Ceux qui demandent comment l’impossible avait bien pu se produire doivent s’identifier à des êtres séparés et individuels, tandis que celui qui répondrait à cette question doit également accepter le fait que la séparation s’est en effet produite.

En outre, si cela s’est produit une fois, cela pourrait se reproduire indéfiniment, et à certains égards c’est exactement ce qui se passe. Chaque jour nous offre le choix de croire en la réalité que nous sommes un ego ou un Fils de Dieu. Par conséquent, se demander si la séparation pourrait se reproduire, c’est faire la même erreur que de croire qu’elle s’est produite une première fois. Comme il est expliqué dans le Cours:

“Qui te demande de définir l’ego et d’expliquer comment il a surgi, ne peut être que celui qui le pense réel et cherche par sa définition à garantir que sa nature illusoire est dissimulée derrière les mots qui semblent le rendre tel.

Il n’y a pas de définition d’un mensonge qui serve à le rendre vrai” (C-2.2:5–3:1).

“L’ego exigera beaucoup de réponses que ce Cours ne donne pas. Il ne reconnaît pas comme question la simple forme d’une question à laquelle une réponse est impossible. L’ego peut bien demander: ‘Comment l’impossible s’est-il produit ?’, ‘À quoi l’impossible est-il arrivé?’ et le demander sous de nombreuses formes. Or il n’y a pas de réponse; seulement une expérience. Ne cherche que cela et ne laisse pas la théologie te retarder”C-in.4

L’Amour de Dieu est l’expérience dont il est question dans la citation du Cours ci-dessus. Cette expérience est atteinte par le processus du pardon qui enlève les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’Amour (T-in.1:7). En fait, le but d’Un cours en miracles est de nous aider à atteindre cette expérience.

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Q

[100] Si nous sommes Amour, comment le non-amour pouvait-il entrer dans notre existence?

Je me questionne sur T-27.VIII.6:2. Je sais que mon ego est très ingénieux pour trouver des moyens de retarder mon progrès, et c’est pourquoi j’ai pris l’habitude de passer par-dessus cette phrase. Bon, avec toute ma compréhension humaine élémentaire, la seule façon de ne pas me souvenir de rire serait à mes yeux qu’une fois, pour une certaine raison antérieure à cet événement, nous n’avions pas ri non plus, puisque ce n’est pas possible qu’un esprit “se souvienne” ou “se rappelle” de ce qui n’était jamais entré dans son esprit. Dans cette section, Jésus ne nous parle pas de revivre cet instant, donc de créer notre monde et sa constance. Si nous comprenons l’unité, la perfection, l’Amour, comment peut-on se rappeler quelque chose qui n’est pas l’unité, la perfection, et l’Amour? Comment cela aurait-il pu faire partie de notre existence?

R

Le langage d’Un cours en miracles est souvent une pierre d’achoppement pour bien des lecteurs, ce qui semble être le cas ici. En un sens, votre analyse du fonctionnement de la mémoire est logique. Mais l’analyse logique est souvent une entrave à la véritable compréhension du message de Jésus. Le Cours n’est pas écrit comme le serait un traité académique ou scientifique où la précision et la cohérence du langage sont essentielles. Tandis que le Cours est écrit avec une subtilité intellectuelle de haut niveau – la métaphysique est claire et cohérente – son langage est néanmoins plutôt poétique, et là on peut faire des concessions quant à la signification des mots et des concepts. Seulement le résultat n’est alors pas toujours cohérent. Il y a plusieurs autres cas de ce qui semble être des contradictions en plus de celle que vous relevez.

Jésus qui s’attendait sans doute à ce genre de question explique dans l’introduction de la clarification des termes:

“Ceci n’est pas un Cours de spéculation philosophique, et il n’a pas non plus le souci d’une terminologie précise. Son seul souci est l’Expiation, ou la correction de la perception… Tous les termes peuvent prêter à controverse, et ceux qui cherchent la controverse la trouveront. Or ceux qui cherchent une clarification la trouveront aussi. Ils doivent toutefois être désireux de passer sur la controverse, en reconnaissant que c’est une défense contre la vérité sous la forme d’une manœuvre dilatoire… Une théologie universelle est impossible, mais une expérience universelle est non seulement possible mais nécessaire. C’est vers cette expérience que le Cours est dirigé. C’est là seulement que la constance devient possible parce que c’est là seulement que l’incertitude prend fin”C-in.1:1-2; 2:1-3,5-7

Comme l’indiquent ces passages, le Cours ne se prête pas à votre type d’analyse logique, et ce n’est pas son but. Il n’était pas censé être lu de cette façon-là, et si on le fait on n’ira pas très loin avant d’être tenté de le rejeter en raison du manque de rigueur du langage et de ce qui paraît être des changements de signification. Ce qui aide également, c’est de reconnaître que la signification des mots a souvent un rapport avec le point que soulève Jésus ou avec le fond de ce qu’il enseigne dans un passage précis et qu’elle pourrait être différente lorsqu’il souligne autre chose. Sans aucun doute, cela est parfois frustrant pour les lecteurs. Cependant, d’un autre côté c’est voulu en ce sens que cela force les lecteurs à faire très attention à ce qu’ils lisent afin que le point soulevé par Jésus ne leur échappe pas.

En outre, le Cours indique clairement que l’intellect humain même est souvent un obstacle à la quête de la vérité:

“Tu es encore convaincu que ta compréhension est une puissante contribution à la vérité et qu’elle en fait ce qu’elle est”T-18.IV.7:5

C’est un paradoxe, et en utilisant d’abord nos facultés intellectuelles nous devons apprendre à accepter le fait que nos facultés intellectuelles sont une défense contre la vérité; cela va dans le même sens que lorsque le Saint-Esprit nous dirige à utiliser le monde et le temps comme moyens d’apprendre que le monde et le temps sont illusoires. Nous sommes simplement mis au défi à tous les niveaux d’examiner les prémisses, les valeurs et les attentes avec lesquelles nous abordons notre étude du Cours, de manière à pouvoir déceler exactement ce que nous pensons et faisons pour garder l’amour et la vérité en dehors de notre conscience.

Pour une étude approfondie de cette question, vous pouvez consulter notre enregistrement “Duality As Metaphor in A Course in Miracles” et le chapitre 2 de Kenneth Wapnick: The Message of A Course in Miracles vol. 2: Few Choose to Listen: “The Course’s Use of Language”, Facim (les deux en anglais uniquement).

  • ego
  • séparation
  • amour
  • Q&R
  1. Question 101 — Est-ce qu’il y a des étudiants du Cours qui ont été illuminés?
  2. Question 102— Les livres de croissance personnelle sont-ils utiles?
  3. Question 103— Que veut dire “nos créations”?
  4. Question 104— Est-ce que “pardonner” est la même chose que “remettre à”?
  5. Question 105— Quelle est la meilleure méthode pour étudier le Cours?
  6. Question 106— Quelles sont les différences entre Gandhi, Martin Luther King, César Chavez et le Cours?
  7. Question 107— Colère et conflits au travail
  8. Question 108 — La différence entre l’amour particulier et l’amour réel
  9. Question 109— Clarification du terme “esprit”
  10. Question 11 — Comment entendre la Voix du Saint-Esprit ?
  11. Question 110 — Pourquoi croyons-nous que la voix du Cours est celle de Jésus?
  12. Question 111 — Est-ce que le monde entier est une illusion?
  13. Question 112 — Comment le Cours peut-il aider pendant le deuil?
  14. Question 113 — Pourquoi est-ce que je ne gagne pas assez d’argent?
  15. Question 114 — Comment puis-je “ne rien faire” si quelqu’un est souffrant?
  16. Question 115 — Comment voir la ménopause?
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