[40] Le niveau “intellectuel” du Cours
J’ai entendu dire par certains, et aussi lu, que le Cours n’est pas pour tout le monde. Certaines autorités du Cours vont jusqu’à dire qu’il vise un public plutôt intellectuel et plus instruit. Je trouve cette prétention très dangereuse. Est-ce que ces prétentions sont vraies ou ne sont-elles rien de plus qu’une forme de recherche du salut par la séparation et le désir de créer un niveau de particularité au sein d’une certaine tranche de la population, à savoir ceux qui sont assez instruits pour saisir, comprendre et vivre le Cours? Comment concilier ces prétentions avec l’énoncé dans le texte?
“Tous sont appelés”T-3.IV.7:12
N’importe qui peut bénéficier du Cours. On n’a pas besoin d’être intellectuel pour en tirer un enseignement et l’utiliser comme chemin spirituel. Il est évident toutefois qu’il est écrit dans un langage de haut niveau intellectuel et intègre des concepts métaphysiques, théologiques et psychologiques sophistiqués dans l’enseignement tout au long des trois livres. Une grande partie est écrite en vers blancs (dans l'original anglais, N.D.T.). Ainsi un lecteur ou étudiant sans tendances intellectuelles et sans formation dans ces domaines aura des difficultés à comprendre une grande partie du matériel. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’une telle personne ne pourrait pas trouver de l’aide en le lisant et en pratiquant les leçons du livre d’exercices. Si au bout de cela elle est devenue plus aimable, plus aimante, rassurée d’être aimée par Dieu, moins en colère, moins déprimée et moins apeurée, alors son but aura été atteint. D’autre part, il y a eu bien des gens avec un excellent niveau d’éducation qui, pour des raisons diverses, n’ont pas du tout su se brancher sur le Cours. Ils trouveront une autre voie spirituelle, mieux adaptée à leurs besoins et préférences.
Par conséquent, dire que le Cours n’est pas pour tout le monde ne signifie pas qu’il exclut délibérément certaines personnes. Jésus dit lui-même que
“[...] le Cours n’est qu’une forme parmi plusieurs milliers d’autres formes du Cours universel”M-1.4:1-2
Il n’est pas nécessairement pour tout le monde. Certaines religions ont prétendu être la seule véritable religion, la seule façon de se réconcilier avec Dieu. Un cours en miracles ne le fait pas. Tout au long du Cours Jésus nous dit plutôt que chacun trouvera finalement un chemin qui le conduira à Dieu. Ce n’est pas nécessairement celui-là.
[41] Rêves endormis et rêves éveillés
Les événements, activités et relations dans notre “rêve éveillé” constituent nos classes et sont des véhicules pour apprendre nos leçons de pardon. Nos “rêves endormis” ont-ils une signification ou une valeur particulière dans le processus d’apprentissage du pardon, et nos réactions à ces images devraient-elles être différentes de nos réactions aux “rêves éveillés” dans notre école?
C’est le même esprit qui rêve à la fois les rêves éveillés et les rêves endormis. Et c’est l’une des nombreuses astuces de l’ego pour essayer de nous faire croire qu’il y a une réelle différence entre les deux pour que nous croyions que nous sommes éveillés alors qu’en fait nous dormons toujours et ne faisons le même rêve de séparation que sous des formes différentes. L’une des nouvelles perspectives les plus importantes que nous apportent nos rêves endormis lorsque nous passons à ce qui semble être un état d’éveil, c’est de nous montrer que notre esprit a le pouvoir d’inventer un monde dans les rêves qui semble très réel quand nous en faisons l’expérience, un monde inventé uniquement pour répondre à nos besoins personnels. Jésus traite de cet aspect de nos rêves endormis dans un passage très clair:
“N’est-ce pas que le monde qui surgit en rêve semble tout à fait réel?… Et tant que tu le vois, tu ne doutes pas qu’il est réel. Or voici un monde, manifestement au-dedans de ton esprit, qui semble être à l’extérieur. Tu n’y réponds pas comme si c’était toi qui l’avais fait, et tu ne te rends pas compte non plus que les émotions que le rêve produit doivent venir de toi… Tu sembles te réveiller, et le rêve a disparu. Or ce que tu manques de reconnaître, c’est que ce qui a causé le rêve n’a pas disparu avec lui. Le souhait te reste de faire un autre monde qui n’est pas réel. Et ce à quoi tu sembles t’éveiller n’est qu’une autre forme de ce même monde que tu vois en rêve. Tout ton temps se passe à rêver. Tes rêves endormis et tes rêves éveillés ont des formes différentes, mais c’est tout. Leur contenu est le même. Ce sont tes protestations contre la réalité et ton idée fixe et insane de pouvoir la changer”T-18.II.1:1; 5:2-4, 8-15
Dans nos rêves endormis, nous avons le même choix d’enseignant que nous avons lorsque nous sommes “éveillés”, et peut-être nous trouverons au fil du temps que nous pouvons choisir le pardon tout en étant endormis, lorsque nous saisissons que nos jugements dans le rêve ne sont pas justifiés. Nous pouvons même devenir un rêveur lucide qui prend conscience en plein rêve que le rêve nocturne est une invention de son propre esprit, ce qui présage la prise de conscience qui nous viendra pour finir en ce qui concerne nos rêves éveillés. Nos rêves endormis nous donnent aussi l’occasion de comprendre la vraie signification du pardon vers laquelle Jésus essaie de nous conduire, lorsque nous nous rendons compte au réveil que la source de toute contrariété que nous éprouvons dans nos rêves endormis n’a rien à voir avec ce que n’importe qui nous fait. Notre contrariété ne reflète rien de plus qu’une décision dans notre propre esprit d’être contrarié, pour ensuite attribuer la perte de paix à une cause qui semble être extérieure à nous. La prise de conscience que c’est ce que nous faisons aussi dans nos rêves éveillés constitue la base du processus de pardon tel que Jésus nous le présente dans le Cours:
“Je ne suis jamais contrarié pour la raison à laquelle je pense […] Je suis contrarié parce que je vois quelque chose qui n’est pas là” (L-I.5, 6, titres).“Le pardon reconnaît que ce que tu pensais que ton frère t’avait fait ne s’est pas produit”L-II.1.1:1
Lorsque nous pourrons transférer cette prise de conscience de nos rêves endormis à nos rêves éveillés, nous serons sur la bonne voie pour nous éveiller de tous nos rêves de séparation.
[42] Dieu intervient-Il dans ce monde?
Un cours en miracles se rapporte-t-il à “Dieu” comme à un dieu interactif qui fait des changements et des altérations dans notre existence physique et dans le monde par rapport à nos actes quotidiens? Selon le Cours nous sommes initialement inchangeables, mais plus tard il renvoie à tous les changements que nous faisons au fur et à mesure de notre progrès. Je ne comprends pas si nous sommes en mesure de faire le moindre changement ou non? Si nous sommes inchangeables, pourquoi se donner la peine de faire quoi que ce soit, étant donné que de toute façon nous sommes ce que nous sommes?
R : Bien que beaucoup de passages dans le Cours fassent référence à Dieu en des termes personnels comme s’Il était un Père soucieux distinct de Ses enfants Qui veille sur eux, lorsque nous comprenons la base métaphysique des enseignements du Cours à propos de Dieu, cela devient évident que ce genre de références personnelles et humaines à Dieu ne peuvent pas être prises littéralement. Elles représentent la tentative dans le Cours d’
“[...] utiliser le langage que cet esprit [fini] peut comprendre, dans la condition [de séparation] où il pense être”T-25.I.7:4
et de corriger nos malperceptions de Dieu basées sur notre interprétation égoïque comme étant un Père en colère et vengeur, Qui cherche à nous punir pour nos attaques contre Lui.
Jésus consacre très peu de temps dans le Cours à la tâche impossible de décrire à nos esprits limités et finis la véritable nature de Dieu, de Ses créations et de la réalité –
“Il n’y a pas de symbole pour la totalité”T-27.III.5:1
mais il fait tout de même quelques tentatives. Par exemple dans le livre d’exercices:
“Ce qu’Il crée n’est pas à part de Lui, et nulle part le Père ne finit et le Fils ne commence comme quelque chose de séparé de Lui”L-I.132.12:4
Et il admet que c’est impossible de capturer en mots Ce Qui est au-delà de tous concepts et symboles:
“L’unité est simplement l’idée que Dieu est. Et dans Son Être, Il embrasse toutes choses. Aucun esprit ne contient autre chose que Lui. Nous disons: “Dieu est”, puis nous cessons de parler, car dans cette connaissance les mots sont insignifiants. Il n’est pas de lèvres pour les prononcer et pas de partie de l’esprit suffisamment distincte pour ressentir qu’il est maintenant conscient de quelque chose qui n’est pas lui-même. Il s’est uni à sa source. Et comme sa Source même, il est simplement”L-I.169.5:1-7
Ainsi Dieu Qui
“[...] est Tout en tous au sens le plus littéral”T-7.IV.7:4
ne peut pas agir sur une partie de Lui-même comme si elle était séparée de Lui. Et même parler de Lui comme “Lui”, c’est attribuer une nature personnelle à la Source de tout ce qui, en réalité, est totalement abstrait. C’est pourquoi dans le Cours Dieu n’est pas décrit comme étant en interaction avec Ses enfants dans le monde. Ce rôle est donné au Saint-Esprit, en tant que Voix pour Dieu, attribuant au Saint-Esprit une fonction symbolique, à la différence du Père et du Fils:
“Le Saint-Esprit est la seule partie de la Sainte Trinité qui ait une fonction symbolique”T-5.I.4:1
Mais puisque le monde est entièrement une projection de l’illusion fondamentale de l’ego qui n’a aucune réalité, il n’y a vraiment pas de monde dans lequel le Saint-Esprit intervient, mais seulement un esprit qui croit qu’il y a un monde. Et même alors la Voix pour Dieu n’a pas de fonction active dans notre esprit – elle
“[...] ne fait que [nous] rappeler”T-5.II.7:4
la vérité sur nous-mêmes et sur Dieu qui n’a jamais changé.
Le Cours fait également référence à Dieu comme étant “l’Inchangeable”:
“Je resterai à jamais tel que j’étais, créé par l’Inchangeable pareil à Lui-même”L-I.112.2:2
et le “Sans-forme”:
“Ces formes-là ne peuvent jamais tromper, parce qu’elles viennent du Sans-forme même”L-I.186.14:1
Qui ne crée que “l’inchangeable”:
“L’enseignement vise au changement, mais Dieu n’a créé que l’inchangeable”T-6.IV.12:4
Par conséquent, il est inconcevable qu’Il puisse être impliqué à faire des changements et des altérations dans un monde de formes.
Cela nous amène à la deuxième question que vous soulevez à propos de notre immuabilité. Dans notre réalité en tant qu’esprit, rien n’a changé et nous restons sans péché, parfaits et ne faisant qu’un avec notre Source – c’est le principe de l’Expiation, répété de nombreuses fois tout au long du Cours. En ce sens nous sommes véritablement inchangeables. Mais il est clair que ce n’est pas ce que nous croyons ou ce dont nous faisons l’expérience à notre égard. Jésus ne se contente donc pas de soutenir dans son Cours ce qui est réel et véritable pour en rester là. Cela ne nous aiderait pas du tout, piégés comme nous semblons l’être dans le bourbier de nos croyances erronées. Donc le Cours nous accepte là où nous croyons être. Il admet que nous croyons être chacun un être physique séparé qui vit en tant que corps dans un monde spatio-temporel et qui lutte contre des forces qui semblent être hors de notre contrôle. Et il nous offre le moyen – le pardon, guidés par le Saint-Esprit – de sortir de ce labyrinthe sans signification et insensé de croyances dans lesquelles nous nous sommes emprisonnés:
“Toi qui crois encore vivre dans le temps et qui ne connais pas qu’il a disparu, le Saint-Esprit te guide encore à travers le labyrinthe infiniment petit et insensé que tu perçois encore dans le temps, bien qu’il ait disparu depuis longtemps”T-26.V.4:1
Ce n’est pas parce que tout cela est réel, mais uniquement parce que nous croyons que cela l’est. Et tant que nous croyons que nous avons changé notre véritable réalité en tant que Christ, nous allons devoir passer à travers ce qui paraît être un processus de changements qui défait tous les changements que nous croyons avoir introduits dans notre identité, jusqu’à ce que nous nous rendions compte à la fin qu’en réalité rien n’a changé du tout et que nous sommes de retour chez nous au Ciel que nous n’avons jamais quitté et où nous avons toujours été. Il s’agit donc d’un processus de dé-faire et pas vraiment de faire du tout. Et tous les changements dont nous semblons faire l’expérience lors du processus du défaire de nos croyances erronées sont aussi illusoires que la pensée initiale de changement qui semblait nous avoir expulsés du Ciel. Mais tant que nous nous accrochons à la croyance que le changement est à la fois possible et réel, nous ferons l’expérience du changement. Notre seul choix consistera à savoir si nous voulons rechercher soit un changement qui renforce la culpabilité et la séparation et qui semble même nous éloigner encore plus de notre véritable demeure, soit un changement qui résulte de la pratique du pardon dans le contexte de nos relations dans le monde, ce qui nous permet de rentrer chez nous.
- Question 43 — Reconnaître la “Voix” du Saint-Esprit
- Question 44 — Comment pardonner
- Question 45 — “Formation” et “certificat” pour le Cours
- Question 46 — Nos sentiments
- Question 47 — Reconsidérer des décisions passées
- Question 48 — Le pouvoir du moment présent
- Question 49 — La neutralité du monde et du corps
- Question 5 — L’utilisation du genre masculin dans le langage du Cours
- Question 50 — La difficulté à pardonner
- Question 51— Regarder l’ego avec humilité
- Question 52 – Culpabilité face à la souffrance du monde
- Question 53 — Essayer d’améliorer le monde extérieur
- Question 54 – Qu’en est-il de l’intelligence?
- Question 55 a) — Haine secrète à l’encontre des bonnes gens
- Question 55 b) — La perle inestimable
- Question 56 — Pourquoi choisissons-nous la vie que nous menons?