Kenneth WAPNICK
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Q

[172] Le Cours devrait-il aider à ce que ma vie prenne la direction que je désire?

Quel est le résultat final quand on étudie Un cours en miracles? Est-ce que je devrais pouvoir faire en sorte à ce que ma vie aille dans le sens que je souhaite? Page 480 du Cours, on peut lire:

“Je suis responsable de ce que je vois. Je choisis les sentiments que j’éprouve, et je décide quel but je voudrais atteindre. Et tout ce qui semble m’arriver, je le demande, et je reçois comme j’ai demandé”T-21.II.2:3-5

Ce n’est évidemment pas une nouvelle idée, et beaucoup de gens l’ont entendu. Mais peu de personnes ont pu s’en rendre compte ou le faire fonctionner dans leur vie. Où est-ce que ces gens, et moi-même, avons fait erreur?

R

Le résultat final de l’étude du Cours et de l’application de ses principes est la paix et la délivrance de toute culpabilité (M-28.3:4-5). Bien qu’à la première lecture de nombreux passages du Cours, y compris celui que vous citez, on pourrait croire que le but du Cours est de nous montrer comment faire en sorte à ce que nos vies deviennent ce que nous voudrions qu’elles soient, il ressort au fur et à mesure lors de l'étude du Cours, que ce n’est pas son intention. Dans le passage cité Jésus parle du choix des sentiments et des expériences seulement au niveau du contenu et non de la forme: est-ce que nous ferons une expérience d’amour ou de peur, de paix ou de conflit, de bonheur ou de souffrance? Il y a beaucoup de passages d’où cela ressort clairement.

Parmi les premières leçons du livre d’exercices, il y en a deux qui nous avertissent: “Je ne perçois pas mon propre intérêt” (L-I.24) et “Je ne sais pas à quoi sert quoi que ce soit” (L-I.25). Jésus nous demande d’admettre que nous sommes mal placés pour juger ce qui nous apportera le bonheur, la joie ou la paix. Cela dépend de notre Guide, le Saint-Esprit.

“Lui connaît tous les faits passés, présents et à venir. Lui connaît tous les effets de Son jugement sur tous ceux et tout ce qu’il concerne de quelque façon que ce soit”M-10.4:8,9

Donc

“Demande, et Il répondra. C’est Sa responsabilité et Lui seul est à même de l’assumer. Le faire est Sa fonction. Lui soumettre les questions est la tienne. Voudrais-tu être responsable de décisions au sujet desquelles tu comprends si peu? Réjouis-toi d’avoir un Enseignant Qui ne peut pas faire d’erreur. Ses réponses sont toujours justes. En dirais-tu autant des tiennes?”M-29.2:7-14

Même ces phrases peuvent être mal comprises et mal interprétées, car il est facile d’arriver à la conclusion qu’elles veulent dire que le Saint-Esprit fournira tout ce dont nous avons besoin dans notre monde pour faire l’expérience du bonheur ici, comme nous le définissons, ce qui normalement veut dire que nos besoins sont satisfaits. Mais là encore, ce n’est pas l’intention du Cours. Son objectif est d’amener un changement d’esprit afin qu’avec le temps nous soyons de moins en moins touchés par les choses qui arrivent ou n’arrivent pas autour de nous et nous arrivent ou ne nous arrivent pas. Cela devient clair dans la citation suivante du texte:

“[...] ne cherche pas à changer le monde, mais choisis de changer ton esprit au sujet du monde”T-21.in.1:7

Le genre de changement que le Cours cherche à effectuer dans chacun d’entre nous est de passer du jugement au pardon. Car, comme nous le rappelle le Cours:

“[...] ceux qui ont été pardonnés ont tout”T-3.V.6:3

pas dans un sens matériel, mais dans le sens que nous nous souvenions que le manque et la perte de l’amour qui est notre héritage naturel sont impossibles. Et nous regarderons le monde et ne verrons que la paix, peu importe les batailles qui semblent y faire rage.

  • progrès
  • choix
  • bonheur
  • Q&R
Q

[173] La pensée, c’est quoi ? Et penser?

Que sont la pensée, et penser?

R

Il n’y a pas de définition de pensée ou de penser dans Un cours en miracles.C’est la façon dont ces mots sont utilisés qui nous donne une idée de ce qu’ils signifient. Mais il est important de garder à l’esprit que Jésus se sert du langage généré par le Fils dans son état séparé qui est illusoire. Ces mots et concepts sont donc par nature limités. C’est la signification de l’enseignement de Jésus qui est cohérent, mais pas l’utilisation des termes et des mots. Il est donc parfois difficile de cerner le sens précis d’un terme donné. Le Cours n’est pas censé être un traité philosophique ou érudit ni ne se présente comme tel, bien qu’on y trouve des énoncés théoriques d’une grande ampleur et même provocants.

Pensée avec majuscule se rapporte toujours au contenu dans l’Esprit de Dieu; sans majuscule, la pensée désigne le contenu de l’esprit du Fils séparé. Jésus utilise parfois le terme idée pour exprimer la nature illimitée de notre réalité véritable:

“[...] tu reconnais, ne serait-ce que très vaguement, que Dieu est une idée; ainsi ta foi en Lui est renforcée quand elle est partagée. Ce que tu as du mal à accepter, c’est le fait que, comme ton Père, tu es une idée. Et comme Lui, tu peux te donner complètement, entièrement et sans jamais de perte mais toujours un gain”T-15.VI.4:4-6

Dans le dernier chapitre du texte, la pensée conceptuelle est décrite comme étant le problème principal, ce qui rappelle la phrase au début du texte que la

“[...] conscience, le niveau de la perception, fut la première division introduite dans l’esprit après la séparation, faisant de l’esprit un percepteur plutôt qu’un créateur. La conscience est correctement identifiée comme étant le domaine de l’ego”T-3.IV.2:1-2

Dans le dernier chapitre, Jésus nous dit:

“Le salut peut être vu comme rien de plus que l’évasion hors des concepts. Il ne se soucie pas du contenu de l’esprit, mais de la simple affirmation qu’il pense”T-31.V.14:3-4

Nous espérons que cela vous aidera d’une manière ou d’une autre. Nous n’étions pas tout à fait sûrs dans quelle sens vous entendiez votre question, c’est pourquoi nous avons décidé de répondre ainsi. Malheureusement, il n’y a pas de réponse “classique” à la question.

  • pensée
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Q

[174] Comment puis-je pardonner la maltraitance?

Comment est-ce qu’Un cours en miracles traite les blessures graves? J’ai lutté pendant des années avec l’inégalité entre parents et enfants et me suis concentrée sur les maltraitances reçues à tous les niveaux, ce qui a entraîné un pauvre développement, bien que je sois très intelligente. J’ai deux questions:

R

Le monde est un endroit désespérant, cruel et plein d’effets de pensées méchantes. Tous peuvent être déraisonnablement vicieux et brutaux les uns envers les autres et maltraiter ceux sur qui ils ont du pouvoir, tout comme eux-mêmes ont été maltraités par ceux qui avaient du pouvoir sur eux. C’est un cercle vicieux duquel on ne peut apparemment pas échapper. Or nous pouvons en sortir si nous sommes désireux de regarder au-delà de nos jugements du bien et du mal, et de la distinction facile que nous faisons entre coupables et innocents.

Il y aurait peut-être moyen de comprendre ce qui a motivé vos parents de vous traiter comme ils l’ont fait, mais cela ne veut pas dire que ce traitement n’ait été justifié d’aucune manière. Or vous avez reconnu que vous accrocher au jugement et à la douleur ne fait que vous enfermer dans une angoisse mentale qui vous paralyse et vous empêche de ressentir la joie et la paix, dont Jésus nous assure qu’elles sont l’héritage qui nous vient de Dieu (L-I.104).

Le Cours admet que

“[...] les gens qui ont peur peuvent être méchants”T-3.I.4:2

En être conscient est la clef pour nous délivrer nous-mêmes ainsi que tous les autres de l’emprise du mal. C’est la peur et non pas un mal inhérent qui nous motive tous à passer en acte nos pensées méchantes. Personne au monde n’est à l’abri de pensées du mal – c’est dans la nature du système de pensée de l’ego auquel nous participons tous. Il y en a qui arrivent mieux que d’autres à refréner ce genre de manifestations dans leur comportement. Or dans l’esprit de chacun d’entre nous il y a une rage presque meurtrière jusqu’à ce que nous apprenions comment “dé-couvrir” la culpabilité qui l’alimente et la laissons être guérie à la lumière du pardon du Saint-Esprit. L’ego est constitué entièrement et totalement de ténèbres – il n’y a pas de lumière à l’intérieur de ses frontières soigneusement scellées – et nous tous cherchons notre chemin à l’aveuglette et trébuchons sans espoir tant que nous restons identifiés à ses méchants buts.

Nous sommes tous pareils en participant à l’esprit faux de l’ego, bien que nous puissions nous distinguer par la manière dont nous l’exprimons dans notre vie. Mais jusqu’à ce que nous admettions qu’il est bien en nous, nous nous empêtrerons dans des tentatives dysfonctionnelles pour nous défendre contre la culpabilité et la haine de soi qui sont les inévitables compagnons de notre croyance aux ténèbres en nous. Nous chercherons à projeter cette culpabilité hors de nous sur autrui. Ainsi nous allons envoyer des coups aux autres en souhaitant que ces autres soient responsables de la douleur qui vient du sentiment d’être séparé de l’amour. Certains trouvent des moyens socialement acceptables, mais toujours motivés par l’ego, pour canaliser cette expérience écrasante de douleur et de culpabilité. D’autres la dirigent vers l’extérieur, sans, ou avec très peu de soucis des effets que cela aura sur autrui. Ce sont eux qui deviennent violeurs, meurtriers et auteurs de maltraitance. Il est facile alors de voir le péché et la culpabilité en eux, comme validation de notre propre “innocence”. Or ce qui les anime ne se distingue pas de ce qui nous anime tous si nous n’avons pas dé-couvert cette dynamique inconsciente afin d’entamer le processus de guérison.

Le premier pas dans notre propre guérison – après avoir admis nos jugements contre le meurtrier, le violeur et l’auteur de maltraitance – est donc de reconnaître l’“humanité” commune que nous partageons tous, et qui est une identité désespérée et pleine de douleur qui place l’intérêt personnel et l’instinct de préservation par-dessus tout. Nous faisons tous cela, mais nous arrivons peut-être mieux à le cacher. Si nous pouvons commencer à prendre contact avec le fait que notre douleur est la même que celle des autres, et que ce n’est que cette douleur qui nous amène tous à agir de façon insane, nous avons ouvert la porte à une vue plus clémente et compatissante de nous-mêmes ainsi que de tous les autres. Car nous aurons fini par comprendre que n’importe quelle cruauté passée en acte, par n’importe qui d’entre nous, n’est qu’une défense contre la culpabilité et la douleur en nous – la même culpabilité et douleur que nous ressentons tous.

Cela ne veut pas dire que nous devrions nier nos propres expériences d’avoir été maltraités. Mais il y a un pas, au-delà de la reconnaissance de la souffrance ressentie par la main d’autrui, que nous ferons quand nous serons prêts à aller au-delà de la souffrance. Ce ne sont pas les évènements du passé en soi qui sont le problème à présent, mais la façon dont nous les interprétons continuellement. Le Cours nous offre une autre manière de regarder ces évènements passés, et nous aide à comprendre ce qui, à un niveau plus profond, a motivé les actes abusifs, et aussi que nous partageons la même motivation profonde dans notre vie tant que nous la vivons sous la direction de l’ego. Ce n’est qu’alors que nous pouvons reconnaître le choix que nous avons maintenant, pour être délivrés de la souffrance de nos propres jugements de nous-mêmes.

Nous cherchons tous une voie hors de notre souffrance, mais nous pensons et agissons à l’aveuglette et ainsi nous nous infligeons sans arrêt de la souffrance alors que nous portons des jugements sur les autres et les attaquons, ce qui ne fait que renforcer la croyance à la séparation qui est la base du système de pensée de l’ego. Lorsque nous entrevoyons le contenu de peur derrière la cruauté de l’ego – soit celle d’autrui soit la nôtre – les jugements que nous avons portés peuvent petit à petit se dissoudre. Nous aurons commencé à passer de l’intérêt personnel de l’ego à l’intérêt partagé du Saint-Esprit Qui reconnaît que nous sommes tous joints dans le même besoin de délivrance de la culpabilité et souffrance du système de pensée de l’ego. C’est reconnaître les intérêts partagés qui reflète l’amour duquel nous nous languissons tous et l’Unité à laquelle nous prenons tous part en tant que saint Fils de Dieu innocent – une Identité qui transcende l’ego partagé et ses manifestations d’où a surgi l’illusion du mal.

  • pardon
  • attaque
  • maladie
  • Q&R
  1. Question 175 — Est-ce que nous pouvons nous attendre à la paix après la mort?
  2. Question 176 — Clarification de la deuxième et troisième division
  3. Question 177 — Puis-je pratiquer le Cours sans en accepter la théologie?
  4. Question 178 — Quelle prière ou quels mots m’aideraient à “faire disparaître” l’ego?
  5. Question 179 — Est-ce une attaque que d’imposer sa volonté à ses enfants?
  6. Question 18 — Que signifie “volonté”
  7. Question 180 — Est-ce que je devrais maintenir une relation dans laquelle mon amour n’est pas réciproqué?
  8. Question 181 — Est-ce que c’est une erreur que de ressentir l’Amour de Dieu de façon sensuelle?
  9. Question 182 — Comment peut-on être malade si l’on est tout à fait en paix?
  10. Question 183 — Si rien ne peut me nuire, pourquoi devrais-je tenir compte de dangers physiques?
  11. Question 184 — Peur et incertitude quant à savoir si mes besoins seront satisfaits
  12. Question 185 — Le monde fait-il partie du rêve de Dieu?
  13. Question 186 — Qui est “l’accusateur”?
  14. Question 187 — Qu’est-ce qui se passe quand finalement nous lâchons prise de l’ego?
  15. Question 188 — Comment puis-je apprendre à me prendre moi-même et le monde moins au sérieux?
  16. Question 189 — Que veut dire la phrase dans le Cours: “Pour avoir, donne tout à tous”?
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